Centenaires, multicolores, fringants et très verts!

Cela ne vous aura pas échappé, cela n’échappera à personne, le scoutisme belge fête ses 100 ans! Sa fédération principale tout au moins. Confessionnelle au passé, plurielle au présent et au futur, j’affirme sans peine être fier de mon passé d’animé et d’animateur de mouvements de jeunesse.

Je ne vous réciterai pas ici palabres et prêchi-prêcha, mais plus simplement vous conterai quelques rencontres et souvenirs dignes de foi et utiles à raconter.

Baladins, « Oursons » comme on les appelait, à Vaux-sous-Chèvremont sous les bons offices de collègues maternels avec Bouba (Jacqueline, la grande soeur de Mouette, ça ne s’invente pas) des premiers pas tâtonnants mais déjà souvent comme meneur, et une sacrée habitude de se trouver dans les petits papiers des chefs^^!

La suite en rouge et gris, St Louis paroisse, accolée à St Louis Collèges mais quand même, pas les mêmes. Quatre années entre Akéla, Sahi et Raksha (entre autres). Entre Patrick Bruel, Etienne Daho et une première Fête d’U marquante avec Just a Gigolo mixé par Lochti. Être libres. Jouer. Ensemble. Se découvrir. Découvrir l’autre. Dépasser le bitume de nos villes pour découvrir d’autres horizons. Ouah…

Collège mixte. Troupe pas mixte à la 9e OM. On pourrait appeler cette période « Le Grand Malentendu »… Ou comment s’ignorer puis se courir après… J’ai apprécié la non-mixité de 12 à 17 ans, car elle permettait des moments, des attitudes, des rapports d’une franchise et d’une simplicité inégalables. Des veillées d’une intensité difficile à partager. Des cantiques des patrouilles sous les étoiles et des cantiques des étoiles en patrouille si seuls au monde… Des promesses où celui qui le souhaite donne sens à son engagement envers les autres. D’autres ont vécu la mixité avec beaucoup de bonheur: tant mieux! J’ai par ailleurs apprécié sur quelques années l’évolution de plus en plus sécularisée du mouvement: quand j’ai commencé les scouts étaient catholiques. Quand j’ai quitté c’était la seule Fédé. Les Scouts d’aujourd’hui n’oublient pas leur héritage mais n’ont plus d’identité philosophique marquée: ça me va très bien et cette évolution est saine. Elle revient finalement à la base du message de BP, sans filtre superflu, même si une certaine idée de la citoyenneté reste utile aujourd’hui, en plus de la découverte de l’autre, de la nature, du monde. Se prendre en charge, coopérer, réfléchir et agir au pluriel: quelle expérience, quel bénéfice aux études et dans le monde du dehors…

Le temps des responsabilités est celui de l’animateur, du « chef » (terme vilipendé mais que je n’estime pas infâme). St Vincent, Ste Vé puis retour à St Louis. Eclaireurs, Loups et Routiers. Le Pays de Galles, le Cameroun. Des amitiés à ce point forgées qu’elles abolissent temps et distances. Je me sens indissolublement lié à certains animés, certains staffs. Qui pourra jamais se glisser entre Abeille, Gibbon, Le Goral et moi?
A peine commencé on se sent déjà partir. L’âge adulte vous le dit clairement: ton temps à passé. Les moments et les animés sont inoubliables mais il est temps.

Nadrin. Meyerode et Akéla. Villers-Ste Gertrude avec Sahi, Raksha et Jacala.
Froidfontaine, les autres ‘1980’, le thé. Fratin, si loin, la Totoche. Les Pyrénées, Foix, Montségur et le vélo, les cols, la soif. Sommerain, avec Daguet et des cheveux longs. Solwaster, si hard, si hhmmm, les ‘1980’, encore, à sept.

Mais en fait non.
Je suis toujours scout « là, quelque part ». Et les anti je les emmerde: chacun son trip.
Judith a 3 ans et dans quelques années ce sera reparti pour 20 ans.
Par contre, elle connaîtra son chansonnier: elle le connaît déjà, en fait.

 

Mangouste Modeste (à acquérir) et aussi « Maquisard ».
Animateur et animé de 1988 à 2004, à St Louis et ailleurs…

 

 

Un site de Cédric Lemaire