May the force be with you!

Ou encore « May the fourth be with you ». Avec ce jeu de mot, le quatrième jour de mai est devenu la « journée de Star Wars« ! Bel hommage des aficionados de George Lucas aux deux séries d’épisodes illustrant l’avènement de l’Empire puis le soulèvement menant à la création d’une Nouvelle République, avec en toile de fond une lutte sans merci des

Jedi contre les Sith pour la maîtrise de la Force (désolé pour le spoiler, mais je me suis senti autorisé =D). 1977 et le premier épisode (le IV pour être précis) fut aussi la première réussite commerciale planétaire du genre Science-Fiction. Cela lui permit dans une certaine mesure de sortir du placard et de proposer au plus grand nombre une littérature bien vivante, avec de nombreux auteurs prolifiques mais jusqu’ici cantonnés aux amateurs du genre…

La littérature « jeunesse » offre nombre de héros réjouissants et colorés mais lorsqu’on arrive vers 10-12 ans, l’explosion des genres est une réalité: roman, policier, aventure, histoire, biographie, fiction, récit, sans compter les BD’s… Tout foisonne et lorsque je fus lâché seul dans le Bibliothèque pour Adolescents des Chiroux je pus étancher à l’envi ma soif d’imaginaire, d’aventures et de lecture. J’en garde un souvenir ému: défricher, tenter de comprendre, identifier des auteurs « fétiches ». Mon imagination – jamais brimée ni bridée par qui que ce soit – y trouva de quoi s’alimenter; mon vocabulaire s’y enrichit, mon goût pur et simple de la lecture s’y abreuva. J’en garde un attachement infini à la « lecture pour tous » – publique s’entend – et à la promotion de l’accès à la Culture sous toutes ses formes (j’aurai l’occasion d’y revenir…): on n’a pas tous la chance d’avoir des livres, des films, des tableaux dans la maison où l’on grandit (et quand bien même, reste le plaisir de la découverte et l’exploration des genres).

La Science-Fiction devint une réelle passion avec des auteurs comme Tolkien (qui n’était pas la star consacrée par la trilogie de Peter Jackson), Robert Silverberg qui explorait tant de mondes sans obsessions, Clifford Simak, Moorcok et H.P. Lovecraft (par contre lui, niveau obsessions, pardon…) et d’autres encore, dont j’ai oublié le nom. Les premières publications de mon oncle Alain, immédiatement couronné du Prix Rosny Aîné, la collection de 3-4000 BD’s de mon parrain et la découverte des jeux de rôles (Oeil Noir, ADD, Ars Magica…) furent autant d’accélérateurs de curiosité: plus on lit ou joue plus on découvre. Plus on apprend plus on se sait ignorant. M’attendaient encore des chocs irréversible lors de mes rencontres avec Roger Zelazny (Les Neuf Princes d’Ambre – attention spoiler sur le fiche wiki), Enki Bilal (Trilogie Nikopol, Partie de Chasse et Phalanges de l’Ordre Noir) et Ray Bradbury filmé par François Truffaut dans Fahrenheit 451 (le Sergent Montag fit son chemin jusqu’à l’épigramme de mon Mémoire).

 

Je garde encore aujourd’hui ces souvenirs et ce goût intact, sais gré à ma fille de me faire redécouvrir la puissance illimitée (je dis bien illimitée) de l’imaginaire, peu à peu encadré, circonscrit, enchaîné par la vie d’adulte. Je nous souhaite à tous, à l’initiative de ces plaisirs dits solitaires plus de rêves, plus d’utopies et tant d’envies de les réaliser. Notre monde d’aujourd’hui en a besoin.

 

NB: pour la bonne bouche, un petit hit-parade personnel avec un commentaire. Je vous invite à commenter l’article des vôtres et je compléterai l’article au fur et à mesure de vos envies et suggestions… Quentin

 

1. Les Neufs Princes d’Ambre, Roger Zelazny, Cycle de Corwin (soit les 5 premiers sur 10). Le moment ou la Sci-Fi devient de la Littérature au sens noble du terme. Ceux qui l’ont lu vous le diront: … (il n’y a guère de mots). Je les relis tous tout les 2-3 ans depuis plus de 15 ans. S’il prenait l’envie à un cinéaste de s’en saisir… Brrrrr, j’en frissonne =D!

2. Deltas, hommage malheureusement posthume à mon oncle Alain. Autant pour l’histoire, pour Carvil que pour le Monde créé à cette occasion, d’une grande cohérence et d’une incroyable originalité. Rigoureusement introuvable, so sad =/…

3. Dune (volumes multiples), Frank Herbert. Quel besoin de le présenter? Bataille pour Arrakis, l’Epice, etc… A lire en ayant à l’esprit la Guerre froide, le Viêt-Nam, …

4. La Horde de Contrevent, Alain Damasio. Une écriture polyphonique inventive mais impeccable, une exigence presqu’absurde. Le tout au service d’un récit qui le hisse au niveau des plus grands.

5. La Trilogie Martienne, Kim Stanley Robinson. Un futurible de la conquête de Mars. Pour être précis: LE futurible fondateur de la conquête de Mars. Attention les yeux: 1000 pages à lire d’une traite!

Le Top de Lio:

1. David Gemmell : écrivain anglais d’heroic fantasy et de science-fiction qui avait un don pour décrire les personnages et les batailles, nous les faisant vivre comme si nous y étions. Toutes ses œuvres sont à lire.

2. Les robots (I,robot) d’Isaac Asimov qui en plus de fournir les trois règles qui sont encore aujourd’hui utilisées dans de nombreux films et romans nous apporte différentes nouvelles toutes bouleversantes, certaines dérangeantes et toujours d’actualités malgré ses plus de 50 ans. A noter un petit coup de cœur pour les romans « Face aux feux du soleil », « les robots de l’aube et de l’empire » qui viennent bien compléter sa première œuvre robotique.

3. Et enfin en BD où je n’ai pas la prétention d’avoir l’érudition de Quentin, mais j’adore Sillage de Morvan et Buchet qui nous offre un univers des plus intéressants et un « bestiaire » d’extraterrestre digne d’un Georges Lucas (dans ses grands moments) dont l’influence n’est pas cachée dans ces albums.

 

Un site de Cédric Lemaire