Les 15 questions du 10e candidat à… Matthieu Content, 1er sur la liste Provinciale

Bio Xpress:  Né à Liège le 9 mars 1987, master en Histoire de l’ULg et collaborateur du sénateur Jacky Morael. Membre du secrétariat politique de la Régionale ECOLO de Liège. Vice-président du Conseil de la Jeunesse. A été actif dans le mouvement étudiant à la Fédé et à la FEF. Responsable de l’international pour ECOLO J et co-président la section liégeoise d’ECOLO J en 2006-2007. Aime le swing et ses danses, la musique classique et l’électro, Liège, son histoire et les boulets-frites (NdQ: je peux ajouter « faire la fête jusqu’à l’infini et au-delà » :-)? )

1. La question qui tarabuste: Liège plus verte, c’est un enjeu liégeo-liégeois ou une ambition pour toute l’agglomération ?

La transition écologique de Liège, c’est évidemment un enjeu qui dépasse la seule commune de Liège. Of course !
Je dirais même que ça dépasse l’agglomération et que ça touche l’ensemble de l’arrondissement voire même au-delà pour certaines problématiques. Comme je le dis souvent, Liège ne peut avancer sans les communes de l’arrondissement et sans son « hinterland », tout comme les communes de l’arrondissement (et même au delà) bénéficient et ont besoin de Liège pour leur équilibre et leur prospérité: Liège c’est une Ville de 195.000 habitants au cœur d’une agglomération qui en compte 650.000! Prenons simplement l’exemple de la mobilité. Ça n’aurait absolument aucun sens de penser la mobilité à Liège et dans ses alentours sans y inclure les problèmes des communes de l’arrondissement, voire même au-delà. Mais il en va de même pour beaucoup d’autres thématiques.
Pour moi, la « supra communalité » ça consiste surtout à coordonner des politiques, à mettre en réseau, à s’assurer que la majorité des acteurs s’y retrouve et soient gagnant en pensant au bénéfice pour l’ensemble.

2. La question qui chatouille: Comment tu fais la différence entre Ecolo et le PS, tant qu’à être de gauche…

Jacky Morael a dit un jour : « Je suis convaincu qu’il y a désormais deux formes de progressisme. L’un se décline sur le mode de la résistance : le bouclier qui croit pouvoir, en période difficile, empêcher les forces du mal de pulvériser les protections sociales. Notre progressisme est différent parce que notre constat est différent : nous ne traversons pas une mauvaise passe économique, mais une mutation. Et qui dit mutations, dit changements, réformes. Ces deux conceptions du progressisme partent du même attachement à un État régulateur, redistributeur, encadreur, normatif, mais divergent sur l’analyse de la situation et sur les solutions ».
C’est dans Le Soir du 5 juin 1997 (un bon historien cite ses source hein ;-), c’est pas à toi que j’apprendrai ça) et je trouve que 15 ans plus tard c’est d’une actualité impressionnante, sauf qu’il semble que ces jours-ci, le Parti Socialiste oublie de plus en plus sa volonté de protéger les acquis sociaux, le bouclier commence à s’effriter, regardez ce qu’il se passe au fédéral! Je pourrais évidemment passer des heures à parler de cette thématique. Pour moi, l’écologie politique est un système d’idées cohérentes et une vision spécifique de la société. L’apparition de l’écologie politique a selon moi autant de force que l’apparition du libéralisme à la fin du XVIIIe siècle et que l’apparition des mouvements socialistes (communistes y compris) dans la seconde partie du XIXe siècle. Ce qui fait la particularité de l’écologie politique, c’est d’être critique envers le productivisme.

3. La question qui fait mouche: Plus besoin d’écolos pour faire de l’écologie, maintenant?

Hé hé, j’entends parfois cette affirmation et j’aime beaucoup y répondre. Un, l’écologie politique va plus loin que le respect de l’équilibre environnemental, même si nous sommes les meilleurs dans ces thèmes. Comme je le disais tout à l’heure, l’écologie politique est un ensemble cohérent d’idées politiques. Si nous étions un mouvement uni thématique on aurait déjà disparu depuis longtemps. Deux, le libéralisme n’a pas disparu lorsque les chrétiens conservateurs ont repris certaines idées libérales, le socialisme n’a pas disparu lorsque les libéraux et les conservateurs ont repris certains thèmes portés par les socialistes. Il faut se réjouir que d’autres mouvements politiques s’intéressent aux thèmes portés par les écologistes, ça s’appelle de la contagion culturelle. Il y a vingt ans, tout le monde se foutait de nous quand on parlait de tri des déchets et d’éoliennes, maintenant ces deux secteurs sont des moteurs économiques qui créent plus d’emplois en Allemagne que le secteur automobile!

4. La question toute proche: Quand tes voisins, tes amis, tes copains te parlent, qu’est ce qui les préoccupe? La Province tout le monde s’en f****, non ?

Oui tout le monde s’en fout parce que personne ne connaît! Et c’est bien dommage parce que la province a plein de sous et qu’elle en fait à peu près ce qu’elle veut comme elle veut puisque personne ne regarde comment elle gère ça. Pourtant c’est de l’argent public! Je dis souvent deux choses pour montrer l’intérêt de la province dans sa forme actuelle : 50 % de son budget, c’est l’enseignement provincial, avec une grosse Haute Ecole (HEPL) et un grand nombre d’instituts provinciaux, souvent spécialisés dans l’enseignement qualifiant. Et l’enseignement qualifiant est essentiel pour la transition écologique de la société car il peut former les métiers verts de l’avenir. Ensuite, la Province a beaucoup de poids dans certaines intercommunales, par exemple Tecteo (qui est à la base une structure intercommunale) qui est actif dans le domaine de l’énergie mais aussi dans les télécoms, ou la SPI qui est l’intercommunale de développement économique qui s’occupe des zonings. La Province est méconnue et de ce fait a des problèmes de gouvernance et donc de mauvaise utilisation de l’argent public. Ça ne va pas ! Et qui sont les champions de la gouvernance ? Les ecolos, on l’a largement démontré, donc plus d’ecolos au conseil provincial c’est une meilleure gouvernance donc une meilleure utilisation de l’argent public.

5. La question qui tue (la question du démocrate):  T’as une phrase pour me convaincre de voter Ecolo, sinon je vote pour un extrême! Alors?

Ecolo fait ce qu’il dit qu’il fera! Il suffit de regarder les avancées qu’Ecolo a portées au gouvernement wallon et de la FWB depuis 2009. Il y a un très bon site web pour voir tout cela, ça s’appelle La Grange. Évidemment, on gouverne avec des partenaires donc on ne sait pas appliquer l’ensemble de notre programme. Pour cela il faudrait qu’on soit en majorité absolue, mais le système belge ne permet pas vraiment cela (NdQ: et je ne suis pas sûr que ce serait une super idée, de toute façon =D).

6. La question sur le projet:  Si on te donne carte blanche sur un projet, un budget à allouer, tu fais quoi?
Je développe des sortes d’alliances emploi-environnement au niveau provincial en associant la SPI et l’enseignement provincial sur base des bassins de vie. On peut aussi imaginer de travailler avec le secteur agricole (la province a certaines compétences en ce qui concerne l’agriculture) pour développer des réseaux de producteurs locaux et de consommateurs locaux afin de relocaliser une partie de l’économie et de manger des produits locaux et plus sains, ne serait-ce que dans les cantines des institutions liées à la Province.

7. La question politique: Ecolo veut la fin des Provinces. T’es candidat à la Province… C’est quoi le pitch 8D ?

Oui et je suis en accord total avec le programme Ecolo. Ecolo veut la fin des provinces car Ecolo veut une réorganisation de tout ce qui se trouve entre la commune et la région, ce qu’on appelle la supra communalité. Ecolo est bien conscient qu’il est nécessaire d’avoir un niveau de pouvoir entre la commune et la région mais veut l’organiser autrement. Car la Province n’est pas le seul organe supra communal même si c’est celui qui en a le plus la légitimité. Il existe un tas d’intercommunales différentes… Il existe des structures supra communales parallèles qui ne fonctionnent qu’à moitié (GRE, la conférence des bourgmestres, …). Il faut réformer tout cela, amener plus de cohérence et adapter cela à la Belgique fédérale du XXIe siècle (car la Province est une institution qui date de la fin du XVIIIe siècle, ce sont en fait les anciens départements français). Moi, je suis le candidat de la supra communalité et donc à la Province, en attendant mieux!

8. La question qui fâche: Ecolo se raconte des histoires avec ces histoires de décumul, non ? A la Province, le cumul, c’est la règle, ou presque…

Non mec :), Ecolo a des règles très strictes en interne en matière de cumuls. Qui plus est, le Code Wallon de la Démocratie Locale a récemment été réformé sous l’impulsion d’Ecolo et a mis des balises très claires en matière de cumuls. A la Province, il y a des mandats liés comme ceux dans certaines intercommunales où la Province doit être représentée, je ne vois pas de problème à cela tant que le CWDL est respecté. Pour ma part, je suis les règles, plus exigeantes, imposées par mon parti.

9. La question NTM: Yo man ! Pourquoi tu fais d’la politique?

Pour m’occuper du bien commun yo, et pour l’intérêt général de la communauté mon pote ! (riff de grosse dubstep)

10. La question personnelle du 10e candidat: C’est quoi ton moteur dans l’existence, ta « bonne » raison d’avoir envie de faire de la politique?

J’ai toujours eu cette envie d’apporter ma pierre à l’édifice. C’est pour ça que je veux plus d’équilibre environnemental, plus de justice sociale et une meilleure prospérité économique. C’est un peu bisounours comme réponse, mais fondamentalement c’est ça qui me pousse à faire avancer le schmilblick.

11. La question culte: Vous voulez un whisky?

Ah oui mais alors juste un doigt ;-). J’aime bien le whisky, mais avec modération quand même. Pour le reste de la séquence, je vous laisse imaginer…

12. La question de Euro/JO: Ta place de N°1, c’est du plaisir ou de la pression ?

Les deux. C’est très motivant, ça fait plaisir de se sentir reconnu et en même temps c’est beaucoup de responsabilités et de pression. Mais c’est un super défi, Paul Emile Mottard, Kathy Firket et Dominique Drion n’ont qu’à bien se tenir ;-).

13. La question Liège 2017:  Liège 2017, tu soutiens? Comment et pourquoi?

Je soutiens évidemment et à fond même. Je pense que c’est une bonne occasion pour Liège… Je pense qu’Ecolo a fait du bon boulot en obtenant que l’écoquartier soit construit à Coronmeuse quelque soit le choix du comité et en influençant le choix des thématiques de l’Expo. Et en même temps, il faut à mon sens, rester très attentif aux dépenses que cela va engendrer pour la ville. Il faut s’assurer que les finances pourront assurer un tel événement. Il ne faudrait surtout pas revenir à une situation financière comme au début des années quatre-vingt. Lorsque Ecolo est monté au pouvoir en 1982, les finances de la ville étaient dans un état catastrophique tellement la gestion des majorités précédentes avait été mauvaise. Cette situation a plombé les politiques communales pendant deux, voire trois décennies, voilà seulement quelques années qu’on en sort réellement. Donc attention.

14. La question du fêtard :  T’es plus grosse guindaille ou ptit verre en terrasse ?

Les deux, ça dépend des circonstances. Je connais très bien le Carré (comme tout bon ancien étudiant liégeois) et j’aime beaucoup les verres à la terrasse des cafés de la place du marché, du Randaxhe ou de la place Cathédrale.

15. La question Pascal Vrebos: Comment juges-tu le bilan d’André Gilles, Paul-Emile Mottard et Georges Pire ?

Je n’oserais pas dire que c’est pire ! Quoique… Plus sérieusement, il n’y a aucune vision d’avenir, aucune cohérence dans les politique menées, beaucoup trop de chasses gardées des députés, pas de renouvellement tant sur le fond (les idées et les politiques menées) que sur la forme (les gens qui les portent), peu de logique de mise en réseaux des acteurs, peu de mise en avant du personnel provincial, pas assez de cohérence et de concertation avec les niveaux de pouvoir supérieurs comme la région et la FWB, des budgets et des comptes beaucoup trop flous et pas assez clairs, beaucoup trop de verrines et de champagne. Certains projets mis en place sont à la base intéressants et beaucoup d’entre eux sont des idées provenant d’Ecolo d’ailleurs. Mais en règle générale, les idées d’Ecolo sont reprises par les députés provinciaux qui les modifient en les vidant de leur substance. Restons tout de même sur une note positive, il semblerait qu’une partie du secteur culturel apprécie assez bien l’action de Paul-Emile Mottard à la culture. Il faut reconnaître que certaines de ses politiques sont assez intéressantes, notamment en ce qui concerne le soutien à la création, et qu’il connaît très bien ce secteur, mais les questions demeurent, et l’instauration d’une charte associative réglant de manière plus objective l’allocation de subsides serait utile.

15’. Une dernière pour la route ? Qu’est ce qui te manques dans cette campagne jusqu’à présent?

Nous ne sommes qu’au tout début de la campagne, mais je me réjouis de pouvoir débattre, de pouvoir parler avec les gens, de pouvoir écouter leurs demandes et de pouvoir faire un travail pédagogique sur l’intérêt qu’il y a à être bien représenté à la Province. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un site de Cédric Lemaire