Les 15 questions du 10e candidat à… François Bertrand, 8e sur la liste

 Bio Xpress : 28 ans, assistant social & sociologue, collaborateur d’Eric Jadot au parlement fédéral. Administrateur de l’asbl urbAgora de 2008 à 2011. Je me présente pour la 1ère fois au suffrage des citoyens, pour plus de solidarité, d’éthique et de courage en politique.

1. La question qui tarabuste: Ecolo veut changer Liège… Vraiment? Comment?

Ecolo propose d’apporter des réponses pratiques à des problèmes concrets. Comment? Résorption de l’habitat insalubre, pacification des quais de la dérivation, verdissement des quartiers, police de proximité, outils de maintien de la propreté… le bien vivre en ville est au cœur de notre programme. Au sortir d’années 2000 marquées par des mégaprojets et un hold-up sur des milliers de signatures d’initiative citoyenne mais bien peu par les projets sociaux, il est grand temps de revenir à l’essentiel! 

2. La question qui chatouille:  C’est quoi la différence entre Ecolo et le PS, tant qu’à voter à gauche…

Le taux de pauvreté en Belgique tourne autour des 20%, le nombre de travailleurs pauvres explose. Alors, un PS qui, dans l’exercice du pouvoir fédéral, ne défend pas la fin du statut cohabitant ou le relèvement des allocations sociales au dessus du seuil de pauvreté peut-il être toujours être considéré comme de gauche 🙁 ? Ecolo a un programme de gauche et fait des propositions de gauche. Nous n’obtenons pas toujours ce que l’on revendique, mais, au moins, nous sommes en accord avec le programme que nous défendons.

3. La question qui fait mouche: Certains disent qu’Ecolo c’est devenu le 4e grand parti « traditionnel », OK pour toi ?

Sur certains points, nous sommes un parti traditionnel, parce qu’après plus de 30 ans d’existence, la participation à des majorités fédérales, régionales, communales, nous sommes considérés comme une réelle force politique. Mais nous sommes aussi considérés comme le poil à gratter des trois autres formations: on les chatouille là où ça dérange, sur le cumul des mandats, la participation, le clientélisme… (et on compte bien continuer).

4.    La question toute proche:  Quand tu dis à tes amis que tu seras candidats aux élections communales sur une liste Ecolo, ils en pensent quoi ?

3 cas de figure :

  • Les enthousiastes qui soutiennent activement (les militants du quotidien, des gens en or).
  • Les hésitants, avec des attentes fortes, revaloriser les quartiers de la rive-droite, préserver et renforcer la ligne du bus 4 par ex (Ça tombe bien, c’est aussi pour ça que je m’engage).
  • Les supporters d’autres formations politiques qui souhaitent bon vent ou insultent, ça arrive (pas bien grave, c’est ça aussi la liberté d’expression)

 

 5. La question qui tue (la question du démocrate): T’as une phrase pour me convaincre de voter Ecolo, sinon je vote pour un extrême! Alors?

Il faut distinguer les extrêmes (ils ne se rejoignent pas). A l’extrême droite, c’est un vote de désespoir. Du côté de la gauche radicale, beaucoup de générosité est à l’œuvre… mais le temps n’est plus à aux contestations repliées sur elles-mêmes ni à des conceptions tantôt populistes, tantôt élitistes, jamais vraiment citoyennes.

Ecolo est un vote d’espoir, c’est penser qu’une autre commune est possible. Et c’est unis que l’on y arrivera. Venceremos !

6. La question sur le projet: Si on te donne carte blanche sur un projet, un budget à allouer, tu fais quoi, in concreto ?

Je le réparti et l’attribue pour l’aménagement des quartiers à travers des « budgets participatifs ». Il s’agit d’enveloppes attribuées par quartier et gérées par les habitants pour améliorer selon leurs besoins les petits espaces communs (aires de jeux, espaces verts, etc…). Pour certains quartiers, il faudra aller plus loin en revitalisant des sites à fort potentiel – le parc de la Chartreuse et les quais de la Dérivation notamment – via concours paysagers intégrant les attentes des usagers des 5 quartiers alentours.

7. La question politique: Ecolo dans une majorité à Liège, pour un acteur du social tel que tu l’as été (et l’est encore comme militant), ce serait pour quoi faire?

Pour passer à l’action en renforçant ce qui existe déjà. Je pense aux antennes CPAS: des locaux et un équipement dignes sont urgents. Y prendre rendez-vous, être reçu à celui-ci, recevoir une réponse prend trop de temps. Le défi est donc d’assurer un accueil de base rapide et de qualité. En innovant aussi, par la création de correspondants de nuit. Il s’agit de petites équipes mobiles de travailleurs sociaux chargés de remédier, le soir et la nuit (de 16h00 à 02h00) aux problèmes de voisinage, aux conflits sur les lieux publics et plus largement, aux désagréments de la vie nocturne dans les quartiers.

8. La question qui fâche: Le débat laïcs/cathos, c’est un vrai débat chez Ecolo ?

Laïques, cathos, musulmans, protestants,… il y a de tout chez Ecolo. Chacun doit pouvoir participer à la chose publique et s’engager quelles que soient ses origines et ses convictions religieuses. Je constate que dans d’autres partis, ce droit fondamental est remis en cause. C’est inquiétant. Le débat, serait donc plutôt comment porter notre projet de société interculturelle face à la montée des intolérances. On y travaille à travers « Ecolo au Pluriel », groupe qui traite des questions liées à la diversité sociale et culturelle.

9. La question NTM: Yo man! Pourquoi tu fais d’la politique ?

C’était ça ou je devenais pro de skate. Comme il n’y a toujours pas de spot dédié au skate et aux arts de la rue dans le centre, je me suis recyclé pour qu’il puisse voir le jour avant 2018.

10. La question personnelle du 10e candidat: Tu roules à quoi? C’est quoi ta « bonne » raison d’avoir envie de faire de la politique?

Une équipe de sociologues de comptoir a lancé un programme de recherche pour savoir à quoi je roule. Ils en ont conclu qu’âgé de 28 ans, j’avais connu 3 décennies, chacune correspond à une activité précise. Les années 80 : zoner en BMX. Les années 90 : me (dé)battre avec le système scolaire. Les années 2000 : lutter pour une ville plus juste et plus verte.

Les 3 prochaines décennies ressembleront à la précédente ;-)! Face à l’emballement d’un système financier qui broie l’Homme, son travail et son environnement, soit on reste au balcon, soit on agit. J’ai décidé d’agir.

11. La question culte: Alors, mégateuf? 

D’abord soldat, après fêtard !

12. La question de Euro/JO:  Ecolo est bien dans la compétition jusqu’à présent, et toi, quelles sont tes sensations pendant la campagne?

La campagne, c’est un moment partagé entre candidats avec une écoute au fil des quartiers. Derrières les problèmes exprimés, les citoyens proposent, ouvrent les pistes. Ce sont les premiers experts de leurs quartiers.

Pour le reste, le positionnement des partis traditionnels, c’est «bonjour tristesse»: rumeurs de préaccord contre nature MR-PS, surf sur l’insécurité, mais nada sur les outils de lutte contre la pauvreté ou sur l’aménagement des quartiers hors hypercentre. Vivement que le débat prenne de la hauteur. L’entrée en lice des assoc’, des comités de quartiers, des habitants avec leur sens critique apportera cette vitalité, j’en suis sûr.

13.    La question Liège 2017:  tu soutiens? Comment et pourquoi?

Depuis 2010, comme administrateur au CA de la SCRL Liège Expo 2017 avec Bénédicte Heindrichs et Pierre Castelain. Nous défendons le fait que Coronmeuse soit reconverti en Eco-quartier pensé pour et avec les habitants des quartiers environnants (que l’on obtienne l’Expo ou non).

Côté info au grand public, j’aurais souhaité autre chose que le city-marketing retenu. Côté legs d’un nouveau quartier au nord de Liège, j’ai surtout travaillé sur l’accessibilité SNCB. Le potentiel est fort : revalorisation de la gare de Herstal et renaissance de celle de Bressoux (future « gare Liège Expo » pourquoi pas ?). Il s’agit aussi de garantir une part de logement public dans l’Ecoquartier et de prévenir le risque de flambée des prix de l’immobilier (en cas d’obtention de l’Expo). Le combat continue et les exemples de réussites – comme le quartier Confluence à Lyon – démontrent que c’est possible.

14. La question du fêtard : T’es plus du genre « gros festival » ou « petit verre du coin » ?

Quand on habite le cœur d’Outremeuse, où sur 4 coins d’un bloc d’immeubles, on trouve 8 tenanciers et 32 voisins conviviaux, c’est la loi du milieu qui prévaut. Le ballon d’Enotria du Grec, le thé d’Ali ou le godet d’Oblak de György, le bulgare du 3ème coin, ça ne se refuse pas ;-)! Je suis plutôt petits festivals comme les « Barbantes » ou le festival ciné plein air « Des Visions ». L’acteur communal devrait davantage soutenir ce type d’initiatives de proximité qui jouent un rôle d’éducation populaire.

15.    La question Pascal Vrebos:  Met sur un podium de 3 places Christine Defraigne, Willy Demeyer, Michet Firket et Bénédicte Heindrichs… Tu peux justifier…

Ouch! les podiums, je ne suis pas fan, c’est un machin fort individualisant, je préfère voter pour des projets. Mais tant qu’à faire un podium de personnalités liégeoises, je verrai plutôt :

  • les services de secours de l’agglo, exemplaires dans les drames qui ont secoué Liège récemment.
  • les assistants sociaux des antennes CPAS, croulant sous les dossiers dans des locaux d’un autre âge, ils parviennent vaille que vaille à dispenser une aide précieuse aux liégeois-e-s dans le besoin.
  • les équipes d’Icar et EspaceP qui défendent de meilleures conditions de travail et de santé pour les prostitué-e-s. Avec le vote du règlement PS-CdH-MR de 2009 évinçant les derniers carrés et le retour des ligues de vertu dans le débat, leur tâche est rude.

Pour le ranking politique, sur base des projets, ce serait :  en 1, B. Heindrichs et en 2, W. Demeyer…

15’. Une dernière pour la route ? Ta « devise » de campagne est une citation de Bourdieu… Tu nous l’expliques en quelques mots ?

Bourdieu en quelques mots ? Bigre, c’est qu’il y a moyen d’y passer la nuit dans les troquets d’Outremeuse. Je t’invite 🙂

Sinon, sérieux, pour Bourdieu, science sociale et militantisme, loin de s’opposer, peuvent être conçus comme les deux faces d’un même travail d’analyse et de critique de la réalité sociale pour aider à sa transformation. C’est aussi de cette façon que j’envisage mon engagement écologiste. NdQ: invitation acceptée! Les bars, d’où qu’ils soient, sont mes amis =D!!

Un site de Cédric Lemaire