Interview croisée programme: « Gestion Durable »! Avec Géraldine Blavier (7e) et Julien Vandeburie (38e)

À notre époque, une gestion responsable de la commune passe par une vision à long terme, durable et économique du développement de la Ville. Cela, Ecolo l’a toujours compris… Pour en savoir plus, interrogeons Géraldine Blavier et Julien Vandeburie, respectivement 7e et 38e candidat sur la liste.

La situation à Liège

Les deux candidats sont formels: en matière de gestion durable, la Ville de Liège a encore beaucoup à apprendre. Les initiatives maladroites prises par le pouvoir sont encore très inégales et ne participent guère aux mouvements de villes en faveur du développement durable ou du commerce équitable. Pourtant, Julien concède qu’il existe une certaine volonté d’économie énergétique avec la mise en place de l’ASBL Liège Énergie, entité locale du FRCE (le Fonds de Réduction du Coût global de l’Énergie), qui contribue à améliorer l’économie de la consommation énergétique dans les logements; cependant, paradoxalement, les grands projets de la Ville ne semblent pas vraiment montrer l’exemple en matière d’éco-construction… Tout cela finit par amener quelques paradoxes: « on entend parler de tram en même temps que de nouveaux parkings au centre-ville! ».

Géraldine, quant à elle, insiste sur le caractère encore très « théorique » de la gestion durable de la Ville: « La Ville se plaît à signer des « conventions » mais n’élabore pas de plans pour intégrer le Développement Durable dans ses projets ». Pour preuve, elle évoque l’absence d’« agenda 21 local » à Liège, outil pourtant très bien construit qui aide une ville à avoir une vision globale pour développer des projets intégrant les piliers du Développement Durable et une forte dynamique participative. La commune souffre donc malheureusement d’une absence de plan global pour son développement.

Des idées plein la tête

Pourtant, pour les deux candidats, les idées de projets ne manquent pas: Géraldine en développe quelques unes en vrac, comme les groupes d’achat communs et les potagers collectifs. Ce serait en facilitant les démarches administratives, en mettant des locaux et des terres à disposition dans les quartiers que la Ville de Liège favoriserait concrètement le développement durable dans la vie de ses citoyens. Elle souligne à son tour également l’importance de l’exemple que la Ville pourrait donner en matière de gestion durable en diminuant ses consommations énergétiques, en isolant son bâti et en favorisant une alimentation locale, saisonnière et bio dans les restaurants collectifs qui dépendent d’elle. Au sujet de l’alimentation régionale, elle ajoute: « Il s’agit d’intégrer dans les marchés publics des clauses qui imposent l’achat de produits locaux et de saison – ce qui a par exemple été fait dans la commune d’Ottignies -, mais il faut aussi permettre aux « petits » producteurs de travailler ensemble pour fournir en quantité suffisante les produits demandés en développant notamment une centrale les rassemblant. La Ville de Liège pourrait aussi soutenir les productions maraîchères collectives et susciter de nouvelles initiatives de production agricole notamment en facilitant l’accès à des terrains, en soutenant l’analyse des sols et en développant le concept des « fermes urbaines » ».

Julien, en évoquant les recommandations du plan carbone, rejoint les propos de sa colisitière. Source importante d’idées, elles concernent autant l’isolation et les charges d’urbanisme que le développement des modes doux et le choix des fournisseurs de la Ville. Il ajoute qu’il est tout à fait possible de favoriser une alimentation locale et saisonnière dans les milieux scolaires grâce à l’ASBL Rescolie (qui le fait déjà en partie). En d’autres termes, « les outils sont là, il ne manque que la volonté : c’est pour ça qu’on a besoin d’Ecolo ! »  :)!!

Les urgences

Si le travail et les projets ne manquent pas, il n’en reste pas moins quelques urgences, à prendre en charge en priorité. Pour Géraldine, il s’agit surtout de la consommation énergétique des bâtiments communaux comme les administrations, les écoles… Selon elle, l’argent dépensé pour couvrir les pertes de chauffage dues au manque d’isolation sont autant d’investissements perdus pour des projets fédérateurs et innovants. Julien ajoute à cela qu’il serait grand temps de mettre en place automatiquement un test de durabilité pour les décisions communales.

Les espaces verts

Une gestion durable d’une ville passe aussi impérativement par la bonne tenue de ses espaces verts. Julien et Géraldine s’accordent à dire que ceux qui existent sont satisfaisants. Cependant, Julien pense qu’ils ne sont pas bien répartis dans l’espace (Bressoux ou Sainte-Marguerite en sont presque orphelins) et qu’ils ne sont pas nécessairement proches des habitants (pensons au Sart-Tilman). Les deux candidats pensent aussi que si les Coteaux de la Citadelle ont été bien valorisés, sa diversité est menacée par le projet de plantation d’hectares de vignes sur le site.

Le Plan Communal de Développement de la Nature rédigé pour Liège était aussi une bonne initiative, mais qui est malheureusement restée dans les tiroirs par la suite… Tout ça pour ça! Dans le même ordre d’idée, certains espaces verts existant ne bénéficient pas d’un plan de mise en valeur et de budget pour y parvenir: « En termes d’accessibilité, on attend impatiemment la construction de la passerelle au-dessus de la Meuse pour accéder au parc de la Boverie depuis Blonden… Enfin, des micro-sites verts doivent être développés un peu partout en ville, des études ont été faites à ce sujet, entre autres par Simon Charlier, un de nos candidats ! ». Certains espaces attendant une réaffectation ou un chantier pourraient même devenir des espaces verts « provisoires », même si l’on sait ce qu’il advient parfois du provisoire dans notre bonne Ville de Liège…

Les avantages

Comme on peut le constater, en matière de gestion durable, Ecolo ne manque pas de ressource. Mais finalement, quels avantages concrets le citoyen liégeois peut-il tirer de tous ces projets? Sur ce point, les deux candidats sont unanimes. Il y a tout d’abord des avantages financiers certains: même si ces initiatives demandent des investissements sur le court terme, à moyen et long terme il y a une vraie économie financière! La qualité de vie est aussi améliorée, comme le précise Gégé: « le développement de projets collectifs dans les quartiers sont créateurs de lien social, de développement économique, d’embellissement, de mise en valeur des habitations… Je pense au projet SUN dans le quartier St Léonard, notamment. » Plus qu’une valeur ajoutée, la gestion durable est donc incontournable pour Liège. Et Julien de conclure: « c’est d’abord et avant tout la transition vers une société plus juste et plus durable. »

 

 

 

Un site de Cédric Lemaire