Mauvaise copine

Ce soir c’était le coup de trop, celui qui fait qu’on s’arrête et qu’on se décide.

Back from school, back from crèche, un mélange de sourires et de fatigue pour les filles, de fourbure et d’emmerdes au GSM pour moi en plus des tracas habituels du travailleur qui travaille voire entreprend (j’y reviendrai). Quelques « zimés » avec Nickelodéon Junior pour Judith (no pub), un peu de Twitter pour moi, une photo booth avec ma geekette de Lorraine dans le porte-bébé et puis un lancement de début de soirée classique: préparer un souper puis les bains (ou inversément).

Television rules the Nation

Et le grand retour des larmes. Pour un oui ou pour un non, de la fatigue ou un bobo, une réclamation quelconque ou un clash de volontés, de la frustration ou un besoin qu’il faut faire patienter. Le matin, le midi, le soir, pour faire plier ou obtenir… Alors quid, Papa? Punir, crier, répéter pour la ixième fois la menace non appliquée? J’ai donc décidé qu’il n’y aurait plus de TV tant qu’il y aurait des pleurs, qu’il faudrait « pro-mériter » les dessins animés: pas de pleurs inutiles aujourd’hui, quelques dessins animés qu’on aime tant demain. Je pense qu’on était d’accord tous les deux là-dessus, mais qu’il fallait qu’on se décide. Alors j’ai essayé au milieu de larmes amères d’expliquer: un bébé pleure faute de savoir parler, faute de pouvoir s’exprimer mieux. Toi tu es grande, tu peux expliquer, demander, comprendre pourquoi c’est parfois oui et parfois non, même si quand on a 3 ans et demi c’est dur et qu’on aimerait avoir une autre réponse, pour un dessin animé, pour aller chez Mamina, pour voir Lily, pour rester jouer chez Garance, pour donner un plus gros bisou à ma Lorraine. Il ne faut plus pinailler, cabotiner, chercher à amadouer pour obtenir: il te faudra demander, expliquer, formuler, argumenter… tu nous as assez prouvé tes talents de marchande de tapis libanaise ma belle =)! On peut pleureur, qu’on soit grand(e) ou petit(e), fille ou garçon, mais quand on est très triste ou quand on a très mal, voilà. Ou même sans raisons, parce qu’on en a besoin, que c’est humain et que parfois ça fait du bien. Mais ce n’est pas un mode de communication en soi. Si au surplus cela contribue à recadrer la télévision (dont je ne fais pas ici le procès mais encore moins l’apologie) dans ton champ perceptif et cognitif, à la redimensionner en tant qu’objet et en tant que média, tant mieux!

On a tenu pour ce soir, on verra pour demain, mais je gage qu’on s’y tiendra. Dolto disait en substance (je crois, Nicole tu confirmes maintenant que ton humoriste a 20 ans?) qu’être parents c’est admettre qu’on se fourvoie peu ou prou, qu’on est imparfaits même en essayant d’être les meilleurs. Je suppose qu’on se plante un peu tous les jours et que là on a pris une petite bifurcation, on verra dans dix ans si c’était la bonne =)!

 

Un site de Cédric Lemaire