La Légion d’Honneur, ça pardonne pas…

On a beau être actif, se battre au quotidien pour toutes un série de choses en politique ou ailleurs, rien ne prépare vraiment – à ce que je sache – à la notoriété. Heureusement pour moi, celle-ci ne s’intéresse guère à moi mais en ce lendemain de fin du monde et à l’heure où nos vies numériques croisent et recroisent notre réalité du jour, quelques réflexions voire clarifications s’imposent…

Le titre de cet article provient d’une chanson posthume de Brassens  qui donnait à réfléchir sur les distinctions, la notoriété… et leurs désagréments. Je suis actif en politique depuis 10 ans et en devenant conseiller communal j’ai un peu l’impression de traverser le miroir. Sanctifié par la vox populi, je suis désormais porteurs de certaines responsabilités – youpiii – et d’une forme de devoir d’exemplarité – brrrrrrr. On s’est assez ému dans les chaumière des footballeurs français milliardairo-grévistes de Knysna, des exploits éthyliques de feu Michel Daerden, on voit assez circuler les photos de tel candidat parqué sur une place handicapé ou roulant en 4×4 là où ce n’est pas vraiment une nécessité.

 

Droits et devoirs

J’ai beau faire attention, je ne pense pas être « parfait », loin s’en faut^^ et pour avoir bien profité d’une époque (bénie entre toutes) où je passais plus de temps à boire des verres qu’à étudier, il existe dans des boites-souvenirs, des disques durs et pas mal de mémoires bien conservées de « gros dossiers » qui valent leur pesant de cacahuètes et dont je me dis qu’ils sortiront peut-être un jour – ce dont je ne me plains ni ne m’inquiète pour autant que ce ne soit pas fait avec l’intention de nuire.

Comme édile il importe sinon d’être exemplaire en toute occasion au moins d’assumer des erreurs s’il s’en produit. D’assumer ses contradictions – je pense que nous en avons tous – et d’accepter d’être interpellé en rue  par tout(e) citoyen(e) de notre bonne vieille Ville de Liège qui peut – qui doit! – s’en sentir le droit. Rançon de la gloire mais bienheureux bain de day-to-day pour le politique, car la vraie vie ne se déroule pas au conseil communal, même s’il s’y décide bien des choses. J’ai la chance de ne pas risquer d’être déconnecté du terrain comme certain(e)s: je fais mes courses moi-même, je conduis les filles à l’école et à la crèche lorsque c’est mon tour, je croise des dizaines de personnes tous les jours au magasin, avec leurs questions et leurs soucis – même s’ils cherchent plus un bon bricoleur qu’un conseiller communal en ces circonstances, je vous l’accorde.

Je viens d’évoquer certaines contraintes au fait d’être une « personne publique », fut-ce au plus bas niveau du ranking des élus. On a aussi le droit d’être jeune et on a surtout le droit de vouloir le rester =)! J’ai un passé festif et si le travail et la famille occupent une place importante dans ma vie d’aujourd’hui, j’essaie de continuer à sortir, voir mes amis, manger des bouts, boire des coups, écouter de la musique qui va très très fort dans des endroits où il y a plein de gens et pas toujours beaucoup de lumière… J’aime toujours autant ressortir mes vieilles fringues de guindaille et rejouer un soir ou un après-midi ces années-là avec mes potes, et je souhaite qu’on m’en laisse le droit. Bien qu’assez classiques, mes parents ont hérité de mai ’68 un détachement par rapport à l’apparence, au « qu’en dira-t-on », et me l’ont transmise.

C’est pour cela, pour faire bref mais imagé, que je continuerai à sortir à l’Aller ou ailleurs dans le Carré quand j’en ai la possibilité, que je m’autoriserai demain comme hier à parader un un char à la St Torè et à passer montrer ma binette en Philo ou en Sciences. J’assumerai manger du foie gras (j’aime ça) et n’être pas toujours montrable à toutes les heures dans toutes les circonstances (ahem). Je continuerai à chanter après les matchs, qu’on aie gagné ou perdu, et de préférence assez fort des chansons à contenu rabelaisien ou paillard. Je n’aurai aucune gène à me balader en short en quasi-permanence de février à novembre, ni à porter des cravates à motif subtil, ni à sortir les poubelles en pyjama le dimanche soir! Ce serait me travestir, jouer à être un autre et ne pas assumer ce mode de vie qui est le mien, qui me convient et qui n’a fondamentalement rien de problématique ou choquant.

 

Vie numérique, vie publique

[Ceci est une phrase tarte à la crème] Les réseaux sociaux s’imposent comme des moyens de communication indispensables (ou presque) en politique. Mon activité en ligne, comme surfeur, joueur, contributeur à des forums puis sur Facebook, est antérieure à mon activité politique. Ma présence sur Twitter est elle liée à ma candidature aux dernières élections, comme le présent site. Je constate parfois de la confusion sur l’espace public ou privé dans les réseaux sociaux. A titre personnel je m’en tiendrai à ce que j’estime être le plus légitime: mon site internet, mon compte twitter et ma page Facebook politique sont publiques. J’y parle délibérément de mes expériences en politique, de mon quotidien professionnel de chef d’entreprise, de certains aspects de ma vie personnelle que je souhaite dévoiler car ils éclairent mes choix de vie ou d’élu, racontant une facette de la personne que je suis. Le ton y est parfois virulent ou polémique, mais toujours dans des limites claires de bienséance et de qualité de débat s’il y a lieu. Ma profil facebook  est et reste personnel. J’y accepte parfois certains amis d’amis ou certaines personnalités mais je m’en réserve l’accès car mon activité y est beaucoup moins académique et je souhaite que cela ne change pas: j’y raconte les petits faits quotidiens à mes proches, y partage des photos de ma compagne et de mes filles, publie la musique que j’aime (ou que je déteste, ça arrive aussi 😉 ), raconte pas mal de c*nneries ou écrit des horreurs d’humour noir en blaguant avec de vieux camarades, publie des lolcats ou des chants de Noël bavarois – toutes choses qui sorties de leur contexte personnel pourraient manquer de sens.

 

Pour finir la chanson de Brassens que j’ai uploadée sur youtube, les paroles figurent dans la description! Enjoy…

Un site de Cédric Lemaire