Centenaire de l’Armistice 1918-2018: gardons la mémoire vivante à Liège!

Partout dans eu Europe ce 11 novembre est célébré le centenaire l’Armistice de 1918, la fin de la Première Guerre Mondiale et la promesse de la Paix. Célébrer la mémoire des défunts, se souvenir des conditions de vie de la population et des soldats du front fait partie de ce qu’il convient d’appeler “le devoir de Mémoire”. Voici une proposition concrète pour mettre en oeuvre, dans les rues de notre bonne Cité Ardente, cette mémoire vivante…

Cimetière américain de Romagne-sous-Montfaucon (France). Mes filles à la recherche du cousin germain de leur arrière-arrière-Grand-Père, parmi plus de 14.000 tombes.

Dès 2011 avec plusieurs historiens liégeois nous formulions des propositions pour rendre cette mémoire collective plus vivante dans l’espace public, à travers une lettre ouverte publiée dans Le Soir, sans que les autorités s’en saisissent malheureusement.

En juin dernier je rappelais à l’échevin d’alors le potentiel touristique du “quartier français” né et re-nommé après l’attribution à notre Ville de Liège de la Légion d’Honneur, en 1919, en hommage à la résistance des Forts de Liège.
J’étais à la fin du mois d’octobre avec mon papa et mes filles au cimetière américain de Romagne-sous-Montfaucon en Argonne pour fleurir la tombe d’un aïeul américain tombé au champ d’honneur en octobre 1918, moins d’un mois avant la fin de la guerre. Tout ceci pour vous dire que mon intérêt pour ce sujet n’est ni récent ni opportuniste…

Nous voyons ces derniers jours cimetières et monuments rafraîchis et fleuris, et il n’en manque pas à Liège: Mémorial Interallié, cimetières de Rabosée et Robermont, carrés militaires , Enclos des Fusillés à La Chartreuse… tout cela est à la fois honorable et de bon aloi, mais confine à l’exercice obligatoire une fois dans l’année et dans des lieux éloignés du quotidien.

Or notre Ville de Liège peut mettre à la vue du passant de tous les jours, de l’ami de passage comme du touriste de petits signes de cet Armistice, vestiges d’alors et occasions d’une pensée, d’un recueillement ou de curiosité. En effet très nombreux sont les noms de lieux et monuments rebaptisés en 1919: parfois éloignés ou dispersés comme la Place Général Leman, la rue du Sergent Merx, la statue du Général Bertrand (érigé à l’initiative de la République Libre d’Outremeuse! – inhumé tout comme Merx à Robermont), la Caserne Fonck, la Place de l’Yser, le Pont Albert 1er et sa statue monumentale (anciennement Pont du Commerce) mais surtout concentrés à proximité de l’Opéra Royal de Wallonie: Rue Joffre, Place de la République Française, Rue Georges Clémenceau, Place du XX août, la disparue Place du Maréchal Foch et son Monument de la Victoire. Ce serait par ailleurs l’occasion de re-contextualiser les hommages rendus il y a 100 ans à certains acteurs de cette boucherie nationaliste atroce que fut 14-18. On connait mais pratique encore trop peu le travail critique sur la mémoire individuelle comme collective et populaire: de l’action généraux de la grande guerre à « Tintin au Congo » en passant par l’affaire du Métro Charonne et la figure de Léopold II, il y a tant à faire en cette matière, pour interroger et comprendre…

 

Butte Bergeyre – 19e arrondissement de Paris. Exemple de plaque explicative… Un peu de toponymie, un peu d’histoire.

Les rues rebaptisées en 1919 sont des rues passantes de l’hypercentre historique, touristique et commerçant et offrent la possibilité d’intéresser le liégeois ordinaire à ce que fut sa Ville, à ce qui est son histoire. Nous pensons qu’une signalétique, idéalement en plusieurs langues et proposant des liens vers des explications plus complètes est un aménagement envisageable, peu coûteux, renforçant l’attractivité de la Ville et permettant un devoir de mémoire à la fois simple et citoyen (comme il s’en fait par exemple chaque année dans les écoles).

Nous disposons qui plus est, avec l’Université de Liège toute proche et concernée au premier chef, avec l’asbl Territoires de la Mémoire, de ressources pour animer le paysage urbain non seulement pour les passants, mais également dans les écoles… où l’on pourrait sensibiliser tout à la fois à la valeur inestimable de la Paix, et aux conditions de vie terribles dans les pays en guerre aujourd’hui.

Un coquelicot ou « poppy » souvenir de 14-18, très courant dans le monde anglo-saxon porté à la boutonnière. Nos amis français arborent depuis quelques années le myosotis. Réalisation: Lorraine le Bussy

Vert Ardent proposera une opposition ferme et constructive mais aussi propositionnelle; non seulement au Conseil communal après le 3 décembre mais dès maintenant avec les liégeois et dans leur intérêt, dans la rue et l’associatif, pour proposer des solutions concrètes.

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Un site de Cédric Lemaire