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Meyerode 1989, 30 ans de foulard, 0 regrets

C’est confus, lointain… mais intact. Dimanche passé j’ai conduit Judith et Lorraine à leurs camps Louveteaux et Baladins. La salle un peu défraîchie, le cagnard et l’allée encailloutée, les mômes qui s’éparpillent façon puzzle en oubliant que tu es là… tout me ramène à mes propres années comme animé, tout m’invite à rester là, quitte à dormir à la fraîche sur un mousse, je ferais bien la vaisselle et les corvées rien que pour rester un peu, mais je sais que « ça » n’appartient qu’à eux, les animés, les cuistots, les chefs, alors je les chéris et je leur lâche la main, quémandant un baiser alors qu’il ne me sera donné qu’un clin d’oeil.

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Hollange 1988 – Oursons de Vaux-ss-Chèvremont

Ça remonte loin: Vaux-sous-Chèvremont, la rue des Combattants, le local « Oursons » d’un côté de la rue, le local Louveteaux et son énorme porte verte « La Force du Clan c’est le Loup, la Force du Loup c’est le Clan » que je n’ai jamais osé franchir, « Bouba » et son blouson, Jean-Luc (?) et sa moustache qui avait été récupérer dans le bus (ô miracle) le sac de piscine qu’un baladin avait oublié dans le 31 vers Chaudfontaine, le Parc Hauster et sa maison hantée (les Thermes), le chemin du Calvaire jusqu’à Chèvremont, l’immensité de la Basilique, la petite Chapelle et ma première nuit d’animé dans la crypte (inoubliable…). Mon beau nouveau foulard marron liseré blanc, les Catin, les Dorbolo, les filles Merker, Gaëtan (?), Wardin…
Puis le camp louveteaux annulé (à en chialer), le débarquement en catastrophe en foulard rouge et gris, après coup de fil maternel à Akéla-de-la-Rue-de-la-Forge, les bleus et Anne-ma-première-sizenière, Sahi qui m’avait à la bonne. Gauthier débarqué lui aussi en catastrophe à Herresbach avec Campa, l’éternel Campa.
Les camps d’août, l’heure camp et la nuit qui tombe vite, si vite…

Frandeux 1990, Lochti, Jacala, Christophe, Akéla pour sa der, Manu et ses petits plats mais aussi « allez mets tes pompes on va aller courir » pour mettre fin à des chambards dignes d’Homère, Raksha un coup pour soutenir un coup pour consoler (ça lui semblait si naturel…), Aphazali et les frères Cortès, les Massez, Fifi et Loulou, Cassian et David, évidemment, à la vie à la mort. J’étais « Vert » autant qu’on pouvait l’être, « toujours plus fort(s) ». Chil et mon petit boentje, les journées sportives à tu et à toi avec Juan, les concours cuisine lors desquels j’étais si fier d’être de ma connivence avec les cuistots. Fredericks, Goldman, Jones… et Bruel, qui me suivront depuis lors partout, d’actes manqués en voix cassées.

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Frandeux 1990

Troupe, 1993, le drame de Thierry qui fait pleurer ton frère, vertige et tremblements. Froidfontaine, les Vikings, Schoebzy dans son style inimitable, Husky le jumeau de Labra, Marc-An indéchiffrable… et du muscle à la tonne, 40 bonshommes, 0 nanas à l’horizon, ouch.
Les Pyrénées 1995, Crasse-Tignasse, 6 jours de Hike en tout, 3 à pieds, 3 en vélo (par le col du Chioula), le staff maousse avec Bouquetin, Tarpan, Belette, Geoffroy qui monte Montségur sur l’épaule du même Tarpan (!), la montée des Promesses et la nuit tout là-haut, dans l’alpage, sous l’orage (!!) et le tapis de sol, collé à Hibou, les discussions sans fin avec Fouine (Corwin et Ambre), Didier « Paradise Lost » et Daguet « autonome » (?), Marabout et son bon sens légendaire (!!!), Raafat et son seau, PiJu, la Patrouille des Aigles, Taz oublié au sommet, Wapiti-le-Raoul-du-Feu, l’ascension-redescente de col de la patrouille des Cerfs avec un fond de brumisateur pour seule ressource en eau (!!!!). Abeille et le club des « 1980 », la testostérone façon Napalm de Sommerain et le Parcours Vert de Solwaster.

Coopération, ressources physiques et mentales, camaraderie, dépassement de soi, émerveillement, éveil à la différence… Sourire et chanter même quand c’est dur (surtout quand c’est dur, en fait, sinon à quoi bon), grandir sans avoir ses parents dans le champ de tir, avec des mentors plutôt que des tuteurs…

Je vous épargne mon passage de l’autre côté du miroir, animateur puis parent, porté vers d’autres regards et responsabilités… Mais vous parents, je vous invite, même si vous êtes dubitatifs, surtout si vous êtes sceptiques, n’en avez jamais fait ou ignorez ce que vos mômes pourraient bien y trouver, à donner à vos minots cette chance inouïe, de rencontres fructueuses et extraordinaires, de rires indescriptibles, de leçons « de la vie » et pas de livres, de vivre les mouvements de jeunesse.

De passer des jours et des jours sans écran (si si si), sans que ça les froisse le moins du monde, de les voir grandir si bien, débrouillards et sûrs d’eux-mêmes. S’ils sont spontanément faits pour ça ils vont s’éclater à un point qu’il vous très difficile de même concevoir, s’ils ne sont pas directement portés à ce genre de loisir… ça leur apportera plus encore, dans leur rapport aux autres notamment.

Maman, Papa, Bouba, Akéla, Sahi, Tamanoir, Belette et tous les autres… de ces 30 années de scoutisme je ne regrette pas une miette, n’oublie pas une image, ne renonce à aucun visage… et chaque souvenir conserve la saveur du premier jour, le parfum subtil d’une certaine idée de la liberté, de la jeunesse et du bonheur. La moindre braise, le moindre feu brille et chauffe en mon cœur d’une chaleur et d’une lumière à bien des égards éternelles…
Merci pour ça… et à très vite pour de nouvelles aventures.

Quentin~Mangouste

9eOM-7eOM-XIIe Légia-2eOA

Le décumul a bon dos…

Soyons clair: je milite pour le décumul intégral, partout, tout le temps. Parlementaire est un métier à temps plein, bourgmestre et échevin également (à quelques exceptions près). Mais la valse des tartuffes suite aux dernières élections vient de prendre un tour plus abject que jamais.
On avait déjà eu les je suis candidat mais je ne siègerai pas.
On a eu ensuite la mesure des taux de pénétration (le concours de qui a la plus longue…) pour les partis traditionnels au parlement wallon.

On a désormais la cerise de la mufflerie des barons locaux à cheveux blancs. Le cumul n’est jamais positif à mon sens, loin s’en faut, mais il est assez significatif que certains puissent déroger… mais pas des femmes, mais pas des jeunes, mais pas dans les zones urbaines.
Il est difficile d’intéresser les « jeunes » à la chose publique: pourquoi donc ne pas leur barrer la route quand l’occasion se présente?
Il est difficile de promouvoir la présence de femmes en politique, dans nos assemblées ou Collèges: pourquoi donc ne pas leur barrer la route quand l’occasion se présente?
Il est difficile pour les habitants des zones urbaines (54% de la population wallone, une peccadille qui n’a même pas de ministère…) d’être correctement représentés: pourquoi donc ne pas leur barrer la route quand l’occasion se présente?

Je salue la décision de Laura et Julie de se consacrer à leurs Villes, à leur passion politique, à Seraing et Liège mais j’exècre absolument les raisons qui les ont contraintes à ce choix.

Hors-Château sans voitures pour l’été 2019? A tester…

Constatant une congestion automobile assez importante et quasi permanente en Hors-Château, nous avons envoyé Laura Goffart, Elena Chane-Alune et moi-même une question écrite suggérant de procéder cet été à une phase de test… qui rejoint, pour la petite histoire, les propositions N°162 et 757 de Liège 2025 (aujourd’hui très largement plébiscités).

Voici donc notre question écrite, vivement la réponse… théoriquement endéans trois semaines.

Bouchons quotidiens…

M. le Bourgmestre,

La belle saison arrive et l’été est à nos portes. Qui dit belle saison dit “haute saison” touristique et neuf semaines de vacances scolaires. Il y a quelques années vous aviez fait droit à la proposition de “rues à jouer” au travers d’une expérience-pilote et c’est une nouvelle expérience-pilote que j’entends vous suggérer!

Je constate régulièrement, en semaine scolaire mais lors des week-ends également, une congestion complète des rues Hors-Château et attenantes (Potay, Crèvecoeur, St Thomas, Delfosse) ce qui provoque, outre la pollution atmosphérique, bien de la gêne pour les riverains comme pour les nombreux visiteurs. L’on sait depuis toujours que ces rues du coeur historique ne sont pas configurées pour recevoir l’important charroi actuel, j’en veux pour preuve la dégradation rapide des revêtements pavés. La mise en piétonnier voire en semi-piétonnier semble à cet égard “inscrite dans les astres” tant le statu quo est inenvisageable à moyen terme, d’autant plus avec le bouleversement des plans de circulation lié à l’arrivée du tram.

Je vous propose donc la mise en piétonnier de cette zone à titre de test pendant les vacances scolaires 2019, période de l’année où la circulation est moindre vu l’absence de flux liés aux neuf établissements scolaires.

– Cette mise en piétonnier devrait évidemment être suivie de mesures d’exception, transitoires et d’accompagnement pour les véhicules de secours et de service (Police, Pompiers, fourgons cellulaires), les transports en commun et permettre des plages de livraisons pour les commerces riverains.

– Cela permettrait d’évaluer l’intérêt de la mesure, ses limites spatiales, les difficultés des usagers (habitants et commerçants au premier titre) dans un période propice à la détente

– Une mesure avant/après de la pollution de l’air (notamment particules fines) donnerait aussi de précieuses indications sur les conditions sanitaires auxquelles sont habituellement confrontés les quelques 5000 élèves de la zone, habitants et usagers.

Eléna Chane-Alune, Laura Goffart et Quentin le Bussy pour Vert Ardent

2019, les enseignements

Le temps de digérer, puis le temps de l’analyse. Si vous le voulez bien je vais allez du général au particulier, il y a plein de choses à (essayer de) comprendre, et j’en tire personnellement plusieurs conclusions.

1. J’aime mon pays, une partie de ma famille est flamande, mais je suis aussi grave que lucide à ce stade. Je m’attendais à ce que le pays soit divisé et difficilement gouvernable, mais c’est infiniment pire que ça. La stratégie de pourrissement (je vous épargne le topo complet) arrive à ses fins avec une situation fédérale inextricable. Les options politiques et opinions publiques sont largement divisées, et je pense que nous avons atteint le stade que les avocats et juges appellent « désunion irrémédiable » dans le cadre d’une procédure de divorce. J’entends déjà les appels à l’union des démocrates, notamment flamands… qui nous a amené si proches de l’abîme et a renforcé les extrêmes depuis 20 ans et l’implosion de la Volksunie. Il faut du courage et dire les choses: on passe plus de temps à se disputer sur des vétilles linguistiques, communautaires et régionales qu’à régler nos problèmes essentiels (fin des ressources, climat, chômage, mobilité, logement, justice), et ça suffit Ma conviction depuis longtemps est la suivante: je préfère un divorce propre à une agonie longue et douloureuse. Je préfère que nous restions ex-s et bons voisins que mariés à nous jeter des assiettes de porcelaine à la figure: on peut se séparer de manière civilisée, sans gosses qui ont peur, café sur le plafond voire sang sur les murs. Partageons ce qu’il reste du trousseau et les souvenirs de famille, car si nous attendons encore il n’y aura un jour plus à partager que les cendres de la maison commune. Un Etat est une construction humaine, politique: nous la percevons erronément comme allant de soi, comme éternelle, alors que rien n’est plus faux, les Etats naissent, grandissent, s’étiolent et meurent. Alors, fail pour fail, « fail fast » c’est toujours mieux (je lis les lettres de Roald, et c’est une punchline bien connue dans le monde de l’entreprise).

Deux scénarii pour ce faire:
– le confédéralisme « à 4 » entités équipollentes: Flandre, Bruxelles, Wallonie, Germanophones. Ceci me semble d’autant plus faisable que la région bruxelloise a acquis durant la dernière décennie une maturité jusqu’alors jamais atteinte, avec ses propres choix, ses propres aspirations. Flandre et Wallonie admettent s’amputer mais saisissent leur destin.
– le « scénario slovaque » de séparation pure et simple, avec le droit des peuples à décider d’eux-mêmes.

Pour les Wallons, ça voudrait probablement dire bouffer de la vache enragée pendant 10 ou 20 ans. Autant savoir, dire les choses telles qu’elles sont et assumer.

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2. Banalisation à droite
Les libéraux et chrétiens-démocrates flamands et plus récemment les libéraux francophones ont adopté une rhétorique qui emprunte largement au vocabulaire et postures de l’extrême-droite, parfois par pur opportunisme, parfois en voulant/feignant la combattre. C’est plus qu’une erreur, c’est une faute, et à l’instar de Sarkozy, les mêmes causes entraînent les mêmes conséquences. Dans un premier temps la droite siphonne son appendice extrême, puis par la suite les électeurs reviennent au bercail avec une légitimité accrue, la droite classique fait siens et répété les mots de l’ennemi. Or il ne doit s’agir de débattre avec l’extrême-droite, mais de la combattre. J’invite très sincèrement mes amis libéraux à s’interroger sur le « virage conservateur » de ces dernières années. Il n’est jamais trop tard pour un aggiornamento.

3. Je suis assez estomaqué de la naïveté de certains partis sur les réseaux sociaux. Nous sommes DES ANNÉES après Obama, après Trump, après le Brexit même… et le niveau d’amateurisme est assez sidérant. Pour utiliser Facebook à des fins professionnelles (et de manière très artisanale), j’étais persuadé du rôle cruciaux des réseaux sociaux dans cette élection, beaucoup plus que pour le scrutin local qui concentre moins de moyens et moins d’attentes. Il y a aussi une question de moyens, mais normalement l’absence de moyens amène à la créativité, pas à la passivité; et le VB sort d’années très fâcheuses en nombre d’élus, je suppose qu’ils ont misé gros sur leurs relativement faibles moyens… pari gagné.
Le fait que ça leur oeuvre les portes du Palais me glace le sang.

4. Nous nous apprêtions à vivre 5 ans sans élections, ce qui est inédit depuis 1830. 20% des wallons n’ont pas voté et le politique est plus démonétisé que jamais. Faute d’avoir des communes qui organisent elles-mêmes la démocratie participative (même si ça se produira ça et là), je pense que c’est la société civile, associative, qui pourrait faire vivre le débat démocratique… C’est en tout cas ce que j’espère, parce que si on dit aux gens de la fermer pendant 5 ans, j’ose à peine imaginer les résultats…

5. Vu les forces en présence au parlement wallon, je sens venir lancé comme un train de marchandise le « There is no alternative » wallon, entre un PTB qui va vouloir faire monter les enchères jusqu’au ciel, un MR qui va se faire couleur muraille gentils quémandeurs et le PS qui finira par expliquer la bouche en cœur que gouverner avec le MR est la seule voie possible (ce qui fera rigoler malade les acteurs de la série wallonne « Publifin » dont on attend la prochaine saison avec une impatience malsaine) alors que c’est surtout la seule bipartite possible. On a déjà vécu cette pantalonnade à Liège, on a du fil blanc en stock si besoin pour la couture… Or désolé mais faire « une contre-nature » (copyright Laurette) à l’heure de l’urgence climat, merci mais non merci.

6. Le cdH wallon peut bien aller mettre une bougie à Banneux en remerciement pour le « tractgate » écologiste de Saint Josse. Des retours que j’en ai eu il semble évident qu’un électorat centriste/rural a opté pour le cdH par prudence alors qu’il s’apprêtait à voter Ecolo, et dans plusieurs circonscriptions l’effet est immédiat. Ecolo a évidemment des sensibilité différentes à Bruxelles et en Wallonie sur ce genre de questions, exactement comme les autres partis (!!) mais la séquence fut désastreuse alors que jusque là les attaques essentiellement venus du MR avaient surtout tendance à nous galvaniser. Cette affaire a fendu l’armure et affaibli l’ensemble. C’est triste pour nombre de candidat.e.s wallon.e.s qui prennent ainsi une balle perdue, et surtout pour les propositions qu’ils portaient.

7. Le principal effet en sera de… freiner voire reporter aux calendes grecques la nécessaire recomposition à gauche. Le PS n’est plus « LE » parti de gauche, mais l’un parmi les trois, or une répartition des forces plus panachée aurait contraint à un dialogue accru. Sauf à imaginer un gouvernement wallon PS-Ecolo-PTB, ça restera une occasion manquée…
Nous trois ne pouvons plus, je pense, nous regarder dans ce « mexican standoff », mais apprendre à bosser ensemble.

8. Toujours à gauche, je pense qu’on peut tirer deux conclusions fortes de la campagne du parti socialiste. Primo: la capacité de mobilisation et la résilience du PS sont effarantes. Après des affaires (passées, en cours, futures), le PS conserve son électorat captif, son maillage appuyé sur le local, des énergies individuelles comme collectives considérables. Mais il y a un mais: le score du PS le renforce en la circonstance, mais c’est son plus bas historique depuis quasiment un siècle, et les temps sont probablement mûrs, là aussi, pour un véritable changement de cap. Lire la dernière déclaration du Bourgmestre de Seraing laisse à ce sujet rêveur…

9. Je parlais de « mêmes causes = mêmes conséquences » à propos de Sarkozy et l’extrême-droite. Ceci s’applique aussi à gauche, évidemment et singulièrement à l’émiettement des voix.
* Un exemple « macro », en France pour les européennes: ensemble EELV (qui a pourtant bien scoré), PS-ND, Générations, France Insoumise et PCF auraient fini… premier parti, et gagné bien des sièges (et se seraient épargné de la concurrence inefficace pendant la campagne).
* Deux exemples « micro » (qui n’a rien de nouveau): à Liège le Mouvement Demain a présenté une liste composée de gens assez formidables mais n’a pas su obtenir 1%, concurrençant Ecolo sur sa gauche, mais sans aucun effet électoral et avec une grosse perte d’efficacité mais heureusement sans conséquence en sièges. On avait déjà eu exactement le même problème en 2018 avec Vert Ardent/Vega qui avait coûté 1 siège aux écologistes liégeois (comme en 2012, même si là les différences étaient plus marquées et l’existence de deux listes plus compréhensible/justifiable). Plus heureux: les extrêmes-droites wallones font ce genre d’erreur exposant x en éparpillant leurs voix sur une multitude de listes… alors qu’ensemble ils obtiendraient un élu sans coup férir (puissent-ils ne pas me lire).
Lisez-moi clairement: les querelles d’égos qui font perdre le collectif, ça me réjouit à droite, mais à gauche franchement ça m’énerve au-delà de tout…

10. J’ai quand même un gros motif de satisfaction et il tient essentiellement aux nouvelles élues et nouveaux élus: on assiste, pour mon plus grand plaisir, à une féminisation et à un rajeunissement des cadres. J’y vois un motif d’espoir – la génération climat, c’est eux -, j’espère que les matinales pourront changer d’invités avec une meilleure variation des profils…

11. Et pour finir je suis heureux de « mon » score. Je pense avoir fait le job de soutien demandé et les 1747 votes exprimés s’accompagnent d’autant de « mercis ». J’aurais probablement pu faire davantage, mais je ne suis décidément pas un spécialiste des campagnes de printemps, je suis meilleur en automne… vivement 2024 ;-)!

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Moreau, Fourny: même combat

Ces derniers jours un fait me saute aux yeux et il m’étonne que ce ne soit pas (encore) relevé: il y a d’énormes points communs entre les destins et les actions de Stéphane Moreau et Dimitri Fourny.

Alors que c’est comme candidat aux élections communales voire comme Bourgmestre que Dimitri Fourny est inculpé, celui-ci… ne se réprésentera pas au parlement wallon, mais reste Bourgmestre prorogé. Kamoulox?
Lorsque le paquebot Publifin s’échoua sur les hauts-fonds des Comités de Secteur (puis toutes les avanies qui suivirent), Stéphane Moreau décida, de… quitter le mayorat d’Ans (et le PS). Re-kamoulox?

Dimitri Fourny se retire de la vie parlementaire
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crédits photo: SM-Le Soir; DF-RTBF

Is greed good? Power is.

Ce genre de pas-de-pas-tellement-de-côté relève de l’entrechat de ballerine plutôt que du changement de voie. Comme le prophétisait la vidéo satirique de Philippe Lamberts, il s’est agit, ce week-end comme il y a deux ans, de sauver les apparences sans rien lâcher sur le fond. Je me souviens avec une certaine émotion du « j’en ai marre des parvenus » d’Elio di Rupo qui date de 2006; tout comme de la prise débranchée par Benoît Lutgen dans un coup de sang estival de 2017 pour se débarasser d’un PS englué dans les affaires.
Faudrait-il que tout change pour que rien ne change?
A ce stade on en est exclusivement dans le rien ne change.

No rules, no party

Ce qui interpelle encore plus dans les comportements de ces deux politiciens expérimentés et matois, c’est le choix du pouvoir et de l’argent, et le ponce pilatisme de leurs partis respectifs. Dans les deux cas c’est la fonction la plus stratégique et/ou la plus rémunératrice qui est conservée, même et surtout si c’est celle qui pose problème. Moreau conserve Nethys, le salaire qui va avec et l’orbite complète qui s’y rattache. Fourny reste au coeur du problème, avec pignon sur rue au sein de la cité chestrolaise… et conservera son indemnité de sortie parlementaire!
Qui peut douter du pouvoir local intact dans le chef d’un toujours Bourgmestre, issu du plus gros parti du Luxembourg? Qui a douté un seul instant de l’influence intacte de l’ansois dans l’orbite liegeoise et ses rouages? En Commission Parlementaire Publifin, le député Fourny avait fait étalage d’une grande emphase, une emphase de spécialiste à n’en point douter. Dans un cas comme dans l’autre le MR regarde passer les trains avec une apathie stupéfiante… Pour ces trois partis, il s’agissait évidemment de difficultés, mais aussi d’opportunités à saisir.
Mais non, entre festina lente et courage fuyons.

On voit bien ces carences à trois endroits au moins:
– dans le CA actuel de Publifin, incapable de mettre en place les recommandations issues de la Commission d’Enquête Parlementaire.
– dans l’incapacité de la Ministre De Bue à s’imposer dans le dossier Publifin, au titre de tutelle et sur base du même rapport
– dans les règles internes des partis concernés, rien ne permet d’espérer que de telles accumulation de pouvoir et de moyens ne se reproduiraient pas.

Récidive, pas de surprise

Dimitri Fourny avait été agrafé au porte-manteau (notamment par L’Echo) dans le dossier de l’intercommunale luxembourgeoise Vivalia, sans conséquence politique notable. Je ne vous rappelle pas le CV de Stéphane Moreau, mais simplement l’épisode des Thénardiers de l’ALE narrés notamment par Médor, entre autres dossiers.
Avec les affaires Publifin et Neufchâteau, on assiste à la continuité d’un système auxquels les partis concernés n’ont jamais jugé utile de mettre un terme, en sanctionnant voire en sacrifiant les indélicats. PS, cdH et MR pavent la voie aux populismes de tous poils, à l’antipolitisme par manque de courage politique et par vue à court terme. Nul n’est immunisé aux dérapages individuels, mais si les faits commis ne débouchent pas sur des sanctions, d’où donc pourrait venir le changement?

Récidive. Cumuls. Pouvoir. Argent. Attitudes matamoresques.
Et toujours bien là, bien droits, bien en vue, bien en place.
Ce n’est pas un hasard, c’est un système.


Terrasses HoReCa de Liège: quand c’est flou c’est qu’il y a un loup…

Depuis plusieurs semaines la place publique de Liège est agitée de soubresauts quand à ses vénérées terrasses de café et restaurants. Elles font l’objet d’une véritable ruée au premier rayon de soleil printanier et contribuent aussi à la réputation, à l’attractivité de l’HoReCa liégeois… Liège n’est pas la « ville du Sud » la plus au nord de l’Europe pour rien.

Mais – car il y a un « mais » évidemment – la réglementation de ces terrasses est depuis longtemps inexistante, et plus récemment problématique. J’interpellais déjà sur le sujet en… 2013, et le règlement communal de 2016 n’a en rien résolu le problème. L’enjeu crucial est ici de trouver un accord harmonieux entre des points de vues divergents:

  • la sécurité et la mobilité des liégeois, piétons, poussettes et PMR en tête.
  • la qualité et l’attractivité de nos cafés et restaurants
  • le respect de l’urbanisme (et du patrimoine lorsqu’il est concerné)
  • la cohérence dans la perception des taxes à Liège

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CCATM à Liège: renouveler l’équipe ET les pratiques

Sitôt l’installation des 49 nouveaux conseillers acquise, je me suis empressé de rédiger une Question Écrite (ou « QE »), qui est l’un des moyens d’action des conseillers pour aller chercher de l’info et s’enquérir de l’avancement d’un dossier.
Qu’est-ce que la « CCATM » et pourquoi s’en inquiéter de manière si urgente?


* La CCATM est la Commission Consultative d’Aménagement du Territoire et de la Mobilité: c’est un organe d’avis, composé d’un panel de citoyens, d’experts et de délégués du conseil qui a la charge de remettre des avis argumentés sur tout projet qui, sur le territoire de la Ville de Liège, est en lien avec l’urbanisme, le logement, l’affectation des sols, la mobilité… ce qui est très vaste! C’est un organe consultatif, où se côtoient de simple citoyens, des experts, des élus, l’administration de la Ville: quand on voit le nombre de dossier cruciaux qui ont du mal à aboutir ou qui produisent des résultats/premières versions insatisfaisants on se rend compte de la négligence dans laquelle elle a été laissée ces dernières années… Vous trouverez en cliquant sur ce lien tous les documents relatifs aux CCATM en région wallone: il y a du travail!
* Je m’en inquiète pour une raison essentielle: lors de la législature 2012-2018 la majorité a tout fait pour la faire taire! Or il est très important qu’elle puisse s’exprimer et intervenir dans le débat public! Lors de la mandature 2006-2012 elle a déplu au « pouvoir » en place, et la Ville n’a pas ménagé sa peine pour la faire taire! Je refuse que cela soit à nouveau le cas…

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Centenaire de l’Armistice 1918-2018: gardons la mémoire vivante à Liège!

Partout dans eu Europe ce 11 novembre est célébré le centenaire l’Armistice de 1918, la fin de la Première Guerre Mondiale et la promesse de la Paix. Célébrer la mémoire des défunts, se souvenir des conditions de vie de la population et des soldats du front fait partie de ce qu’il convient d’appeler “le devoir de Mémoire”. Voici une proposition concrète pour mettre en oeuvre, dans les rues de notre bonne Cité Ardente, cette mémoire vivante…

Cimetière américain de Romagne-sous-Montfaucon (France). Mes filles à la recherche du cousin germain de leur arrière-arrière-Grand-Père, parmi plus de 14.000 tombes.

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Le PS, la GroKo et le syndrôme SPD

La séquence politique « Elections Communales 2018 » qui vient de s’achever en Belgique francophone fut intéressante et relevante à plus d’un titre, avec à venir

Résultat de recherche d'images pour "ps france"le « triple » scrutin du printemps (élections régionales, fédérales et européennes). Petit essai d’analyse contextuelle et futurible, avec le point de vue assumé de « voisin de gauche », parfois amusé et souvent énervé des choix ou atermoiements des socialistes… dont je partage la plupart des valeurs.

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Motion Chartreuse: suite… et pas fin!

Motion Chartreuse: suite… et pas fin!

J’ai déposé en date du 30 avril une motion relative à la préservation et à la valorisation du site de la Chartreuse, principal poumon vert de la rive droite à Liège, site classé à plusieurs titres (valeurs naturelle, patrimoniale et d’ensemble) en quasi-déshérence depuis 1991.

Le site mêle zone naturelle, zone de parc et ZACC c’est à dire zone potentiellement urbanisable, avec plusieurs propriétaires différents à savoir la Ville de Liège, la Défense Nationale et deux propriétaires immobiliers, Matexi et Immo Chartreuse.

Le dossier promettait d’être épineux, sachant que la vision définie par le RUE de 2009 prévoyait une urbanisation limitée tout en mettant en garde concernant notamment les lourdes contraintes de mobilité déjà pré-existantes dans le quartier. Promesse tenue: il l’est.

De plus le quartier lui-même (où on a déjà beaucoup construit ces dernières années!), la conception même de l’espace urbain (fut-il vert) et le site en tant que tel ont fortement évolué en dix ans!

Une demande de classement du site de la partie “Fort” (ce qui est en soi considérable) vient d’être introduite, et il est vraisemblable qu’elle aboutisse en bien ou en mal dans les semaines ou mois qui viennent. La Commission royale des Monuments, Sites et Fouilles (CRMSF), va se positionner sur le dossier technique qui lui a été remis avant de le renvoyer vraisemblablement au Ministre Collin.

Ceci pourrait faire tout simplement basculer le dossier….

Vu l’enjeu, pour la Chartreuse mais aussi pour sa valeur symbolique quant à l’urbanisme à Liège, je pense qu’il faut laisser le dossier évoluer avant de prendre attitude, au moins jusqu’au prochain conseil communal en espérant que le Ministre aie statué entre temps.
C’est ce que j’ai proposé et qui a été accepté en commission ce lundi 18 juin.

Le dossier n’est évidemment pas enterré, puisqu’il reste à l’ordre du jour de le commission de l’Echevin Hupkens et pourra donc se relancer dès le prochain conseil (fin août), s’il échet. Quelle que soit l’issue de la procédure de classement, il sera alors temps de reprendre le travail où nous l’avons laissé, même si à l’analyse les deux versions aujourd’hui sur la table ne paraissent pas conciliables.

 

Pour le futur…

 

Je fais personnellement le choix – dès aujourd’hui et plus encore demain – du développement d’une vision liégeoise de l’urbanisme, du travail avec un “Bouwmeester” et de la participation citoyenne.

 

D’un point de vue urbanistique, La Chartreuse est un parfait exemple de la quadrature du cercle qui contraint le logement urbain. Le schéma directeur de l’arrondissement prévoit la création nécessaire de l’ordre de 15.000 logements en région liégeoise, idéalement en zone urbaine – sauf à vouloir bétonner encore davantage la campagne liégeoise déjà considérablement défigurée depuis 50 ans à grands coups de 4 façades, zonings intempestifs et autres avanies. Il importe également de sanctuariser les espaces verts existants, sachant qu’une augmentation de la densité de logement (en masse voire en hauteur) exige des espaces verts qualitatifs de dimensions suffisantes.

 

Ceci repose fondamentalement la question de l’absence de vision de la Ville en la matière, que j’avais déjà évoqué de manière détaillée en début d’année 2018 au détour d’une publication argumentée sur la Dentisterie et Bavière (c’est le point 5 de ce développement). Pour toute la la Ville – et à fortiori pour la rive droite si l’on veut s’en tenir à un périmètre raisonnable et identifiable – cela exige de définir quelles zones urbaniser, à quelles densités (et type de logements), avec quelle mobilité (transport en communs, modes doux, parcage), quels espaces verts à préserver voire créer – au-delà de la question “Chartreuse” prise isolément

On n’urbanisera pas correctement, ni à La Chartreuse, ni nulle par ailleurs à Liège, tant qu’on aura pas une idée, un plan concret, conçu “sur mesure” pour notre Ville et son agglomération, avec un Bouwmeester pour le mettre en oeuvre.

On n’urbanisera pas correctement non plus, à Liège, en organisant vaguement l’information des citoyens sur des projets amenés à impacter durablement leur cadre de vie. C’est bien d’une réelle politique de participation que la Ville doit se doter.

Rétroactes

Lorsque le projet immobilier de Matexi a remis l’avenir du site sur le devant de la scène politico-médiatique liégeoise j’ai entrepris de rencontrer successivement les associations locales actives sur le site, à savoir l’asbl La Chartreuse (active depuis environ 30 ans) et la plus récente Un Air de Chartreuse, mobilisation citoyenne qui a successivement combattu les versions successives de demandes de permis d’urbanisme déposés et entreprend aujourd’hui de se transformer en force de proposition pour le site. J’ai interpellé sur le sujet en novembre 2017 pour – déjà – chercher à ce que la Ville affirme sa position sur le sujet.

 

Je connais bien La Chartreuse: j’ai grandi en rive droite à Grivegnée-Bas, j’ai fréquenté les Oblats avec les mouvements de jeunesse dont c’était l’espace vert le plus proche, je travaille aujourd’hui dans le quartier de la Bonne Femme à deux pas de l’entrée Oblats/Soubre/Ferrer et je m’y rends régulièrement avec mes enfants pour m’y balader (le réaménagement des circulations de la partie verte du site, bien réalisé, s’y prête bien).

 

Ces rencontres et l’instruction globale du dossier m’ont convaincu de l’obsolescence du RUE de 2009, au moins dans sa partie conclusive:

  • Le “phasage” sensé rassurer contre la massification constitue un frein considérable à une vision d’ensemble et cohérente, tout comme la variété des propriétaires intervenants – ceci soulignant l’absolue nécessité pour la Ville, à l’avenir de rester maîtresse de son foncier propre (on a vu avec le site de Bavière combien céder son sol et ses droits pouvait être fâcheux, coûteux, énergivore et finalement peu efficace alors que c’en est l’argument principal).
  • Les problématiques de mobilité déjà signalées comme cruciales en 2009 n’ont pas évolué significativement et se sont même aggravés par endroits.
  • Le maintien et la valorisation des espaces verts urbains est primordial pour la qualité de vie et ici le risque porté est celui de dénaturer le site, de le rendre incohérent, peu pratique et “illisible” dans sa dimension patrimoniale.

C’est dans cette dynamique que j’ai décidé de réagir favorablement à la demande de Un Air de Chartreuse de déposer une motion qu’ils avaient préparée, moyennement quelques amendements. Ceci m’impose de ce fait d’agir non seulement en mon nom propre et en celui de mon groupe politique, mais aussi en répercutant fidèlement leurs options.

 

Lors de la commission spéciale du 4 juin, lecture a été donnée d’une motion alternative préparée par la Ville comme base alternative de travail, qui m’avait été présentée auparavant.
J’ai souscris à cette base pour plusieurs raisons:

  • tout d’abord parce que je n’avais pas mandat pour “refuser” (à quel titre?) que la Ville dépose une autre version comme document ou base alternative de travail, fut-il différent de celui que j’avais moi-même proposé;
  • car je pense qu’il était (et qu’il reste!) très important que la Ville se positionne aussi clairement que possible sur un sujet aussi sensible: toute personne qui a, par exemple, suivi le dossier du Ry Ponet sait parfaitement que la Ville s’est chaque fois abstenue de donner son avis sur le fond, actant par deux fois le retrait de demande de permis d’urbanisme par la société Neufcour; par ailleurs si ce site vous intéresse, lisez absolument ceci.
  • parce que je crois globalement au débat politique, à la concertation et aux formes de la démocratie: pour débattre il faut être au minimum deux et je donne acte aux services communaux, échevin compris, de s’être “mis à la planche de travail” pour permettre l’expression du débat puis la possibilité d’un travail démocratique classique (améliorations, propositions d’amendements, etc…).
  • parce qu’accepter cette base à amender me semblait à même de faire un pas significatif en direction de la Ville, celle-ci se montrant ouverte à la discussion.

Nous verrons ultérieurement si ces deux versions existantes ont vocation à se retrouver débattues et confrontées, ou non. Comme expliqué en début d’article: ce dossier est loin d’être terminé…

Un site de Cédric Lemaire